Paralysie de Bell
 

La paralysie faciale ou la paralysie de Bell est une affection assez courante car elle affecte environ 1 personne sur 30. Elle doit son nom au médecin Charles Bell qui l'a décrite pour la première fois il y a environ 200 ans. C'est une condition qui apparaît de façon assez brutale et qui peut être très inquiétante car elle peut faire penser aux symptômes de l'accident vasculaire cérébral. La différence majeure étant que la paralysie de Bell entraîne une paralysie partielle ou totale d'un côté du visage seulement. Elle atteint de façon égale les hommes et les femmes de tous âges, mais elle semble plus fréquente en vieillissant.

La cause la plus probable pour expliquer cette pathologie est une inflammation du nerf facial par un virus. Ce dernier a plusieurs fonctions et son irritation pourra alors avoir une répercussion sur tous ces rôles. Il  stimule les muscles du visage tant au niveau du front,  de la joue et de la bouche. Il innerve une partie du tympan, des glandes salivaires et des glandes lacrymales qui sont à l'origine de la production des larmes. Il est aussi responsable de la sensation de goût du bout de la langue. Les symptômes pourront être une faiblesse plus ou moins marquée d'un côté du visage, un coin de la bouche qui tombe, un sourire inégal, une absence de larmoiement d'un œil, une sensation d'engourdissement,  une sensibilité au bruit du côté affecté, une perte de goût et dans un peu moins de 50% des cas, une douleur au visage.

L'incapacité à fermer l'œil correctement et la diminution de production lacrymale nécessite une attention particulière. L'œil doit donc être protégé pendant la période de paralysie. Des larmes artificielles peuvent être utilisées pendant la journée et la nuit, l'utilisation d'une pommade lubrifiante et d'un pansement pour garder l'œil fermé seront indiqués.

Dans environ 60 à 80% des cas, une guérison complète surviendra en quelques semaines ou quelques mois. Dans les autres cas, environ la moitié garderont une paralysie légère à peine visible alors que les autres auront des symptômes persistants plus marqués comme le sourire asymétrique et le clignement anormal de l'œil. Le risque de récidive serait d'environ 10%.

Pour ce qui est des traitements médicaux, l'utilisation de cortisone pour diminuer le phénomène inflammatoire autour du nerf facial de même qu'un médicament anti-viral  serait bénéfique, mais il y a encore des études à faire pour le démontrer de façon formelle.

L'acupuncture donnerait de bons résultats qui seraient parfois même supérieurs au traitement médical conventionnel.

Judith Leduc, Acupuncteure, membre de l'Ordre des acupuncteurs du Québec